4ème Edition des caravanes de sensibilisation sur les Centres de Gestion Agréés des PME : Le pari de la croissance

A lire aussi

Styve TCHACHUANG, Président de l’Association des Entrepreneurs du Cameroun

Les exégètes et autres puristes de la croissance économique, invitent, lorsqu’ils trouvent tribune à leur mesure, la tempérance, l’efficience et l’anticipation pour toute activité humaine. C’est de leur droit. Ils parlent ainsi ex cathedra. Chez nous aussi, ces idées tiennent la route. Le monde étant devenu un village planétaire, nul ne peut vivre en autarcie. Les avancées fulgurantes des technologies de l’information et de la communication ont eu sur le coup un pouvoir disruptif sur toutes les chaînes de valeurs. On s’adapte bien comme on veut. Mais, est-ce suffisant ? D’après le recensement général des entreprises de 2016, quelque 209 000 entreprises étaient répertoriées au Cameroun dans l’ensemble du microcosme entrepreneurial. La part belle étant, fort opportunément aux PMEs, qui structurent ainsi le tissu économique de notre pays. Des mines, mine de rien, qui sont, pour les puristes cités plus haut, une manne pour le pays, si l’équation de la viabilité de ces entreprises était bien amenée. Face à ce nombre important, un peu plus de 10 000 entreprises ont adhéré depuis 2014 aux Centres de gestions agrées (CGA), pour un nombre total de 14 CGA crées sur l’ensemble du territoire national.

Ainsi donc, la stratégie actuelle, mise en place par les pouvoirs publics, permet-elle de combler le besoin des entreprises restantes ? Illustration parfaite vécue dans la région de l’Adamaoua ne disposant que d’un seul CGA. Ce dernier n’étant d’ailleurs connu des concernés eux-mêmes. Beaucoup tombaient de nues, lors de la dernière caravane que conduisait le ministre des PMEs dans cette région, pourtant riche d’opportunités et capable de booster la croissance du pays. Hier, nous nous étions également félicités des initiatives incitatives, notamment la Banque des PMEs, l’APME, les CFCE, etc., qui nous ont valu d’être classé 163e dans le très convoité « Doing Business ». Une place de choix qui témoignait, en son temps, du climat des affaires avantageux pour notre pays. Pour autant, dans le dernier classement, le pays a perdu quelques marches, régressant ainsi, à quelques encablures, pour ce classé 166e.

L’État seul ne peut donc pas tenir tous ces défis et engagements. Il a besoin des organisations professionnelles et patronales pour lever un cap plus prometteur et plus ambitieux. Cela passe forcément par une implication de ces structures du secteur privée qui font partie de l’écosystème entrepreneurial. Leur implication judicieuse, ferait sans doute un pas de plus vers l’avant. Surtout que ces structures, grâce à leur force de proposition, de captation, et de déploiement, fonctionnent pour la plupart avec des moyens dérisoires. Avec des appuis financiers et une écoute plus prononcée, une bonne stratégie pourrait être mise en place pour des lendemains qui chantent. Car, on n’est pas loin de la coupe aux lèvres.

Source: 
AEC