Zone Cemac : vers un label « Made in Central Africa » ?

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Zone Cemac : vers un label « Made in Central Africa » ?

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (Ceeac) et la Communauté économique et monétaire pour l’Afrique centrale (Cemac), ont émis un appel à propositions pour la création d’un label « Made in Central Africa ».

La proposition qui devrait être faite avant le 12 octobre porte nait du « principe qu’un tel label, présenté comme marqueur de  l’origine de produits de qualité provenant de la sous-région, stimulerait une saine concurrence dans la production industrielle et des services pour le commerce de qualité au niveau sous-régional puis intra-africain, dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) », peut-on lire dans le communiqué rendu public  par le CEA.

 Dans la sous-région où le taux d’échanges communautaire, reste assez faible, soit 3%, la création du label « Made in Central Africa » vise plusieurs objectifs que sont entre autres: renforcer à terme le commerce intra-sous-régional et intra-africain ; démontrer la détermination de l’Afrique centrale à poursuivre la diversification verticale-horizontale induite par le commerce ; inciter les entreprises et les industriels à faire d’avantage d’efforts en matière  de valeur ajoutée et d’assurance qualité.

Régime préférentiel Cemac

Cette initiative de la CEA, de la Ceeac et de la Cemac, rejoint ainsi une autre déjà en place. Il s’agit de l’agrégation au régime préférentiel Cemac. Dans ce cadre ci, l’on compte à ce jour 322 produits labellisés en circulation dans la sous-région, issus de 35 entreprises et qui sont exemptés des droits de douanes. Parmi ces produits figurent ceux retenus lors de la dernière réunion du comité de l’origine qui s’est tenue à Douala du 20 au 24 février 2020. A cet effet les produits présentés par les états de la Cemac était tel que suit : le Cameroun avait 15 entreprises pour 210 produits, le Congo 1 entreprise pour 4 produits, la République Centrafricaine 2 entreprises pour 14 produits, la Guinée équatoriale 1 entreprise pour 6 produits et le Gabon 6 entreprises pour 70 produits. Pour cette session, le Tchad n’a pas soumis de produits à l’agrément d’origine.

Alors pour qu’un produit puisse alors porter le label « Made in Central Africa », il faudra qu’il dispose du régime préférentiel Cemac. Et cela passe par le respect des règles d’origine en vigueur établies par la Cemac et la Ceeac qui voudrait  que le produit qui sollicite l’agrément soit entièrement originaire de la sous-région (ceci concerne les produits à l’état brut issus de la flore et de la faune de la sous-région ainsi que de l’artisanat) ; être fabriqué en incorporant au minimum 40% des matières premières provenant des Etats membres de la région et être fabriqué par des matières premières et consommables d’origine étrangère en totalité ou en partie mais avec au moins 30% de valeur ajoutée sur place avant imposition.

Le label « Made in Central Africa », qui est une étape vers la zone de libre-échange continentale (Zlecaf), viendra donc s’implanter dans un marché chiffré à près de 187 millions d’habitants comprenant tous les pays de la Ceeac.

Marché commun africain

La Zone de libre-échange continentale (Zlecaf), lancée en 2019, devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021. Son entrée en vigueur qui devait avoir lieu au mois de juillet dernier a été reportée pour cause de Covid-19. Elle a alors pour objectif principal de faire progresser rapidement les échanges intra-africains, pour doper les économies du continent le moins développé. Il est à noter que les échanges commerciaux africains se chiffrent actuellement à 15% et avec la mise en place de la Zlecaf, les états africains visent à atteindre le cap de 53%.

Les échanges entre le Cameroun et les pays de la Cemac avancent à petit pas

La note sur le Commerce extérieure en 2019 rendue publique par l’Institut national de la statistique révèle que le déficit de la balance commerciale s’est creusé au cours de cette période pour se situer à 1 464,2 milliards de FCFA, enregistrant ainsi une aggravation de 171,3 milliards de FCFA (13,3%) par rapport à l’année 2018.

Dans ce même rapport toujours l’INS révèle aussi un faible taux dans les échanges commerciaux entre le Cameroun et les pays frontaliers. Pour l’année 2019, « le poids des échanges avec les pays voisins reste assez faible dans les statistiques douanières. En effet, en 2019, les exportations vers les pays voisins représentent seulement 7,8% des recettes d’exportations dans les statistiques douanières, dont 6,6% en direction des pays de la CEMAC », peut-on lire dans le document.

Pour l’année 2019, le Cameroun a exporté en direction des pays frontaliers 7 702  087 tonnes de produits à raison de 2 392,7 milliards de FCFA. Si l’on recentre ces dernières sur les pays de la zone Cemac, l’on obtient 334 468 tonnes de produits exportés à raison de 158,3 milliards de FCFA.

Les exportations du Cameroun pour la période sous revue sont portées alors par le Tchad à hauteur de 2,8%, pour 169 845t de produits à raison de 65,9 millions de FCFA. Il est suivi par la République Centrafricaine avec 98 983t pour 41 191 milliards ; le Gabon 29 055t, 23 539 milliards ; la République du Congo avec 23 640t, à 17 674 milliards et la Guinée-Equatoriale avec 13 305t de produits à 9 941 milliards de FCFA.

Pour l’année 2018 les exportations vers les pays frontaliers ont représenté 7,3% des recettes douanières. Celles en direction des Etats de la Cemac, étaient de l’ordre de 322 372 tonnes de produits de l’ordre de 137,1 milliards de FCFA. Le tableau est le même que celui de 2019. Les exportations ont toujours été portées par le Tchad avec 16 982t de produits importés du Cameroun à raison de 55,5 milliards de FCFA. La RCA 89 504t, pour 30,9 milliards ; le Gabon 34 178t, pour 25,6 milliards ; la République du Congo 23 000t, pour 17,5 milliards enfin la Guinée-Equatoriale avec 8 708t de produits à raison de 7,4 milliards de FCFA.

Le constat qui se dégage sur ces deux années montre que  les exportations du Cameroun vers les pays de la Cemac sont en légère hausse de 12 096t, ce qui présente une certaine fébrilité des échanges entre le Cameroun et les autres pays de la sous-région. Notons que les échanges intra-communautaires se chiffrent à 3% du commerce extérieur de la sous-région ce qui représente le taux le plus faible de l’Afrique subsaharienne. Avec le projet de création d’un label « Made in Central Africa », que la CEA, la Cemac et la Ceaac envisage, mettre sur pied, l’on espère alors booster les échanges commerciaux intra-communautaires. Ce projet rejoint ainsi un autre déjà en place. Il s’agit de l’agrégation au régime préférentiel Cemac.

Source: 
Ecomatin