Promote, Conférence avec Mme Audrey Chicot, DG, MSMI

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Mme Audrey Chicot, Dg MSMI, Photo: IMFURA

Si vous vous demandiez encore à quoi ressemblerait la passion, IMFURA qui a suivi Mme Audrey Chicot, DG MSMI, vous conseillerait de chercher à participer à l’une de ses conférences. Imaginer un chien qui abois devant un os, serait un peu léger pour caractériser la passion dont dispose cette dame, forte de caractère, la cinquantaine égrenée, lorsqu’il vient de parler entrepreneuriat. Si à 17 ans, vous ne vous posiez pas encore de question sur votre avenir, ne laissez pas vos enfants faire de même. Demandez leurs qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour leurs camarades, pour leur entourage. Et pourquoi pas ? Être un plus ambitieux que Mme Chicot et se demander qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour l’Humanité ?

Car, notre succès story c’était juste limitée de penser à 9 ans qu’est-ce qu’elle pouvait apporter pour son « beaux pays », le Cameroun.  « Il faut avoir un rêve » martèle-t-elle avec énergie ! « Vous avez fréquenté et vous voulez trouver du travail. Malheureusement nos parents sont encore là ».

Un parcours hors des sentiers

Après ses études de comptabilité, elle a remis son diplôme à son père car c’était pour lui qu’elle le faisait. Elle voulait se lancer immédiatement dans la vie entrepreneuriale, mais il lui fallait un effet de levier. Forte de son talent, elle a trouvé un emploi de commercial dans son domaine de compétence. Ensuite, passionnée de l’industrie, elle y a jeté un coup d’œil et obtenu d’y pénétrer. « Dans l’industrie, je ne voyais pas de femmes dans ce secteur. Il fallait trouver les moyens pour arriver à faire ce qu’elle voulait. Et cela passait par l’industrie ». Elle a donc pénétré le secteur et lorgner des opportunités.

Passion et détermination à l’appui, les horizons s’ouvrent et lui font tomber amoureuse d’un français, qui plus est dans le métier et originaire d’un pays dont la compétence en matière industrielle n’est plus sujette à questionnement. « Je me suis mariée à un français pour avoir les opportunités que son pays offrait au mien, le Cameroun, que je voulais servir avec vigueur ». Cette phrase peut être sujette à questionnement, mais le fondamentale revient à ceci : On ne peut pas vouloir faire les omelettes et éviter de casser les œufs. On ne peut pas vouloir faire devenir avocat et épouser un tueur ou une tueuse en série.

J’ai une passion dévorante pour le fer

Cette phrase doit vous parler : « j’ai une passion dévorante pour le fer. » Si vous n’avez rien à remplacer par le fer dans cette phrase, alors, vous n’êtes peut pas encore prêt pour devenir entrepreneur. Vous avez besoin de moins de 30 secondes pour trouver un mot à remplacer le fer dans cette phrase. Exemple : À IMFURA, « nous avons une passion dévorante pour l’écriture ».

Le risque

Lorsque vous avez une passion pour une chose, vous êtes en même de prendre des risques démesurés pour assouvir votre passion. Voici comme Mme Chicot l’explique : « prendre le risque c’est un état d’esprit personnel. Vous vous lancez tout seul, je veux me jeter à l’eau. Au bout de 5 ans, je suis devenu no 1 de mon secteur d’activités » (Fabrication mécanique et maintenance industrielle) au Cameroun, car dans sa vie durant elle s’est donné une mission de « devenir leader dans tout ce que je ferais ».

Éviter d’attendre qu’une personne tierce vous lance la corde à arrêter : Mme l’explique si bien : « pour que l’État du Cameroun ne se retourne vers moi, il a fallu que je sois No 1 sans contestation possible. Car, il y a 26 millions de raison qui me poussent chaque matin pour aller travailler. Cela représente chaque camerounais. » Si c’était seulement pour elle et ses enfants dit-elle, « c’est sure que je pouvais rester tranquille. Car, mariée à un français, il y avait mille et une raison de rester tranquille » comme le font nombreuses de nos jeunes sœurs de l’autre côté.

Son risque de retourner dans son pays en 2003 a donc été justifié car après juste cinq ans, elle était capable de réaliser 940 millions de FCFA, près 1 milliards en terme de chiffre d’affaires.

En divers

Celle qui se réclame le patriotisme pour un Cameroun fort, pense qu’il ne peut pas avoir meilleur secteur d’activités à recommander qui ne soit la création industrielle. Elle tire cette conclusion sur le fait qu’elle ait reçu un préjudice de la part des européens qui lui ont fait plier parce qu’ils voulaient acheter son entreprise. Même dans son couple, son mari veut bien l’aider mais à condition que ses achats se fassent en France et non en chine. La guerre économique est bien présente !

À cela s’ajoute le secteur bancaire, majoritairement commandé de l’étranger, qui refuse de travailler avec elle. « Depuis 6 ans, je travaille sans l’aide d’un banquier ». Voilà qui en dit long sur les réalités de l’entrepreneuriat au Cameroun. Cependant, elle continue d’insister, c’est le secteur privé qui doit porter l’État. Donc il ne s’agit pas de critiquer l’État. « Il s’agit de nous critiquer nous-même. Car, nous devons imposer notre mission à l’État. Pour le moment c’est l’État qui tourne la baraque parce que nous sommes regardants ! »

S’il y’a quelque chose à retenir de tout cela au sujet de l’entrepreneuriat, le voici : « si vous croyez en Dieu, c’est entre vous et Dieu. Si vous croyez au diable, c’est entre vous et le diable. Si vous ne croyez ni en Dieu ni au Diable, alors c’est entre vos mains. »

En passant, César Tchoffo, dans Pensez altruiste et devenez riche insiste sur ceci : « si votre projet n’est pas assez fort et ne touche pas un plus grand nombre de personnes, alors vous risquerez de vite vous décourager ».

Source: 
IMFURA