Mentir en Affaires, c'est mal, mais... pas toujours

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@DR

Steve Jobs l'a fait. Olivier Madiba, surement. Vous aussi, peut-être, l'avez-vous fait. Mentir en affaires, ce n'est jamais un conseil qu'on donne haut et fort, mais en coulisses, nombreux sont ceux qui avouent avoir dû, à un moment ou à un autre de leur parcours, sinon mentir, du moins enjoliver la réalité.

Faut-il mentir pour réussir en affaires ? Et si oui, jusqu'à quel point ? Où se trouve la ligne entre l'effronterie et la malhonnêteté ?

Les spécialistes avouent clairement avec candeur qu'avec une certaine dose de «créativité», ou de mensonge, c'est selon, les entrepreneurs arrivent à tirer leur épingle du jeu. Il est très courant de voir des entrepreneurs ou des startupers mentir lors du montage de leur dossier pour l’obtention d’une bourse ou la participation à un concours.

Nous nous rappelons d’ailleurs un entrepreneur qui a un jour mentir à ses futurs partenaires. Notamment en poussant l'inventivité jusqu'à remplir ses locaux de mobilier de bureau et prétendre que tous ses employés étaient sur la route ce jour-là, afin de paraître plus gros qu'il ne l'était auprès du partenaire potentiel. Au final, le contrat qu'il convoitait, il l'a obtenu. Comme quoi, avec un peu de culot, tout est possible.

La norme ?

À en croire (mais peut-on ?) la littérature sur le sujet, le mensonge est intrinsèque aux start-up. «Mentir au quotidien est nécessaire pour un entrepreneur en démarrage ; c'est le lubrifiant qui permet de faire tourner la roue», écrivait à ce sujet le site spécialisé américain TechCrunch.

Certains prétendent qu'ils ont des brevets enregistrés (alors qu'ils ont plutôt des demandes de brevet enregistrées) ; d'autres, que leur produit sortira à l'automne (alors qu'ils n'ont aucune idée quel manufacturier pourra se charger de fabriquer leur premier prototype) ; d'autres encore font mine de maîtriser parfaitement leurs émotions (alors que leurs proches savent dans quel désespoir la désertion d'un associé les a plongés).

Quand ça va trop loin

Ces accommodements avec la vérité sont souvent tolérés, voire compris. Toutefois, de récents dérapages amènent investisseurs, fournisseurs et clients de start-up à élever leur niveau de vigilance.

Magic Leap, une start-up américaine qui prétendait mener le bal dans le secteur de la réalité augmentée, s'est fait démasquer en décembre dernier ; sa technologie est désormais présentée dans les médias spécialisés comme «nettement inférieure» à celle du vieux géant traditionnel Microsoft. Theranos, qui veut percer dans le secteur du diagnostic médical aux États-Unis, est quant à elle poursuivie par certains de ses investisseurs, qui lui reprochent d'avoir menti sur le potentiel de sa technologie.

De tels scandales compliqueront la vie des nouveaux entrepreneurs en quête de financement. Le fameux due diligence risque d'être pas mal plus exhaustif avant qu'on accorde crédit à leur entreprise.

Alors, plutôt que de mentir, il vaut probablement mieux s'en tenir à «feindre en attendant de faire». En effet, comme le prétend TechCrunch : «Nous avons encore besoin que ce grand mensonge fonctionne. Nous avons encore besoin de rêver à l'éventualité du succès afin de pouvoir le réaliser.»

Avec Matthieu Charest.

Source: 
IMFURA et Lesaffaires