Le truc puissant du PDG d'Instagram pour ne plus procrastiner

A lire aussi

Kevin Systrom est le PDG d'Instagram... Photo: DR

On peut être un fringant trentenaire, milliardaire et PDG d'une des plus célèbres entreprises technologiques du monde, et pourtant souffrir de... procrastination! C'est du moins ce qui arrivait régulièrement à Kevin Systrom, l'homme à la tête d'Instagram : certaines tâches le rebutaient tellement qu'il les repoussaient tout simplement aux calendes grecques.

Bien entendu, une telle attitude ne donne jamais de bons résultats au travail. M. Systrom, comme chacun de nous qui sommes concernés par la procrastination, s'en est vite rendu compte. Voilà pourquoi il a tenu à régler ce problème une bonne fois pour toutes.

Sa solution? Elle est ultrasimple : il passe un contrat avec lui-même. «À l'instant-même où je réalise que je suis en train de procrastiner par rapport à une tâche qu'il me faut accomplir, je me dis que je m'y mets, mais seulement 5 minutes. Pas une de plus. C'est mon contrat de 5 minutes», a-t-il confié au site d'information Axios.

Autrement dit, il se force à s'y atteler, en sachant que ça ne durera que très peu de temps. Après tout, cinq minutes, c'est rien du tout dans une journée de travail. Pas vrai?

«Que se passe-t-il alors? Eh bien, une fois les 5 minutes écoulées, je réalise que j'ai pas mal avancé en si peu de temps, et je poursuis dans mon élan. Ça ne loupe jamais. Et c'est comme ça que j'arrive à terminer les tâches qui me rebutent a priori», a-t-il poursuivi.

Le PDG d'Instagram n'a rien inventé avec son contrat de 5 minutes. Cette technique a notamment été présentée en 2014 dans un article du magazine américain Psychology Today signée par Andrea Bonior, psychologue et auteure du livre Psychology: Essential thinkers, classic theories, and how they inform your world (Zephyros Press, 2016). Voici comment elle conseille de procéder:

«Identifiez clairement la tâche à mener à bien et qui vous horripile tant, dit-elle. Puis, dites-vous que vous allez n'y consacrer que 5 minutes. Et qu'au bout de ces 5 minutes-là, vous allez tout arrêter pour passer à autre chose. Et surtout, que vous allez tout faire pour effectuer cette tâche-là dans les 5 minutes que vous lui consacrez : donner votre 110% dans les 5 minutes, comme si vous couriez un sprint.»

Ce qui se produit alors tient quasiment de la magie. Une fois qu'on a passé 5 minutes sur une seule tâche, on a fait le plus dur; et on le réalise à l'instant-même où on décide de souffler un peu, puisqu'il est difficile de tenir plus de 5 minutes en donnant son 110%. Mieux, on réalise également que le plus facile reste à faire, que ça ne pourrait nous prendre qu'une poignée de minutes supplémentaires, et surtout... qu'on sera ainsi débarrassé de cette fichue tâche! Du coup, on donne un dernier coup de collier, et le tour est joué! Exactement comme l'a dit Kevin Systrom.

Comment expliquer un tel phénomène? Il se trouve que la procrastination résulte la plupart du temps de la peur - peur de l'échec, peur de la critique, peur de faire face à une réalité déplaisante, etc. - ou d'une inhibition - faux sentiment que l'on n'a pas toutes les compétences nécessaires pour mener la tâche à bien, faux sentiment que ce travail va nous prendre un temps fou, etc. Or, le simple fait de se forcer à s'y mettre, ne serait-ce que 5 minutes, suffit à dissoudre les freins que sont nos peurs et nos inhibitions. On réalise très vite que la montagne que l'on voyait devant nous n'était qu'une colline, et que nous sommes parfaitement capables de parvenir à son sommet, en moins de temps qu'anticipé.

Nous en voulons pour preuve une étude éclairante à ce sujet decouverte par Olivier SCHMOUKER, intitulée Do girls really experience more anxiety in mathematics? Elle est l'oeuvre de Thomas Götz, professeur de science de l'éducation à l'Université de Constance (Allemagne), et quatre autres chercheurs ont noté qu'en général les filles se sentaient moins à l'aise à l'idée de passer un examen de mathématiques que les gars, et que cela leur procurait même une certaine anxiété. Mais, une fois l'examen entamé, l'appréhension et l'anxiété qui l'accompagnait disparaissaient d'un coup chez les filles! Il n'y avait dès lors plus aucune différence entre les sexes.

Qu'est-ce que ça signifie? Que nos peurs et nos inhibitions s'estompent à partir du moment où nous sommes directement confrontés à ce qui en est la source. Et donc, que pour arrêter de procrastiner, il suffit de s'y mettre juste pour 5 minutes : ça suffira pour débloquer tous nos freins. C'est scientifiquement prouvé.

Voilà. Vous n'avez à présent plus aucune excuse. La procrastination, c'est fini!

En passant, l'écrivain français Georges Bernanos a dit dans ses Dialogues des carmélites : «On a peur, on s'imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon».

Source: 
IMFURA