Le Cameroun opte pour des mesures de sauvegarde afin de protéger la filière locale des oléagineux

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Dans une correspondance datée du 3 juin 2015 révélée par le Quotidien privé Mutations, le secrétaire général des services du Premier ministre, Louis Paul Motaze, répercutant les instructions du Premier ministre camerounais, somme le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, d’annuler toutes les autorisations d’importations des huiles végétales raffinées sur la base de la valeur transactionnelle, délivrées par son département ministériel.

En effet, précise la correspondance, en vertu d’une décision gouvernementale de mars 2009, les importations des huiles végétales sur le territoire camerounais se font uniquement sur la base d’une valeur de référence, pratique qui a généralement pour but de décourager les importations pour protéger l’industrie locale. D’ailleurs, dans la correspondance sus-mentionnée, le gouvernement camerounais confesse que «la mise en œuvre immédiate de ces mesures permettra de sauver la filière des oléagineux, dont certaines usines sont en cours de fermeture avec risque d’une crise sociale liée à la mise au chômage des milliers d’employés (la filière des oléagineux en compte environ 32 000, Ndlr)».

En fait de mesures, à côté de «l’annulation sans délai de toutes les autorisations d’importation d’huiles végétales raffinées à la valeur transactionnelle accordées à date», la correspondance des services du Premier ministre exige «l’application stricte du prix de référence pour toutes importations desdites huiles, y compris en régularisation sur les cargaisons déjà entrées sur le territoire national sur la base de ces autorisations irrégulières».

Pour rappel, depuis le début de cette année 2015, l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc) dénonce sans cesse l’envahissement du marché local par des huiles végétales importées. Alors que, soutient l’Asroc, la filière locale satisfait la demande du marché national en huiles raffinées. Lequel marché local, fait remarquer l’Asroc, est pratiquement devenu le seul débouché de la production nationale depuis plusieurs mois, à cause de la baisse des exportations vers le Nigéria, le Tchad, le Congo Brazzaville, la RDC et la République centrafricaine (RCA), du fait de la menace Boko Haram et de la crise politique en RCA.