L'agriculture : Pommes de terre, une denrée pour les connaisseurs

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Pommes

La pomme de terre est originaire de la cordil­lère des Andes en Amérique du Sud. Des études rapportent qu’on utilise la pomme de terre depuis au moins 8 000 ans avant JC. Mais c’est après son arrivée en Europe que son utilisation s’est vraiment répandue à travers le monde. Elle est aujourd’hui cultivée dans plus de 150 pays et, surtout, pousse pratiquement sous tous les climats. Il s’agit donc là d’un hyper marché pour les entrepreneurs.

De culture facile et au rendement élevé, la pomme de terre est de plus en plus cultivée, aussi bien par les mamans amateures averties des vil­lages de l’ouest Cameroun et du littoral que par les spécialistes du Brésil. Riche en vitamine B1 puis C mais aussi en glucide, vous apprécierez également la pomme de terre pour sa richesse en fer et en potassium.

Elle a écarté les famines au XVIIIe siècle et contribué fortement à l’envol des populations du vieux continent et à la constitution des grands empires. Sa culture fait passer le nombre d’habi­tants en Irlande d’un million en 1590 à 8 millions en 1845. Une maladie de la pomme est plus tard à l’origine de la grande famille irlandaise tant l’ali­mentation locale en dépendait. C’est elle qui a fait croître en nombre les familles ouvrières et a rendu possible la révolution industrielle, car elle don­nait de l’énergie aux ouvriers et aux combattants y compris les guerres mondiales. Cependant, sa production dans le monde reste disproportion­nelle.

Au Cameroun par exemple, en 1982, le pays était déjà à 145 000 tonnes de productions de pomme par an, nous n’en sommes qu’à peu près 230 000 tonnes après 35 ans ! Tant disque les pays comme le Rwanda sont passés de 240 000 tonnes à un peu plus de 2 300 000 tonnes suivant les mêmes intervalles de temps. Cela laisse à réflé­chir surtout lorsqu’on se rend compte que ce pays est passé par le plus pire génocide de toute l’hu­manité. Pas étonnant lorsqu’on voit le niveau de consommation.

La consommation de pomme de terre au Ca­meroun caracole dans les 9 kg/personne/an. Le Rwanda est le seul pays africain dans le top 10 des plus gros consommateurs de pommes dans le monde avec près de 125 kilogrammes par habitant par an. En Europe et en Asie, on est proche des 88 kg/ personne / an. La consommation mondiale est de 32 kg/personne/an.

 

Cependant, sur le marché mondial à cause des aléas climatiques qui ont frappé quelques pays producteurs (l’Inde…), le prix de pommes de terre est passé au-dessus de 200€/t et il pourrait grimper jusqu’à 214 € en 2017.

Il faut donc dire que la pomme de terre figure aujourd’hui parmi les féculents les plus consom­més et reste la principale denrée alimentaire non céréalière dans le monde. L’ONU la recommande même pour atteindre la sécurité alimentaire. Elle est parmi les cinq aliments les plus consommés, derrière le riz et le blé. Pour la saison 2015/2016, la production des tubercules chinois (premier producteur de pomme dans le monde) atteint les 98 millions de tonnes contre 95 millions de tonnes pendant la saison 2014/2015. Le gouver­nement chinois a affirmé qu’il comptait doubler la surface cultivée en pomme de terre (10 millions d’ha soit 30 tonne/ha contre 14,3 tonnes actuelles) d’ici 2020. Et selon un communiqué du gouverne­ment chinois, la pomme de terre sera le produit de base des Chinois à part le riz.

Toujours d’ici à 2020, on estime la croissance de la production des pommes de terre à 2.02 % sur la base des prévisions, et à 2.71 % sur la base des tendances passées de l’offre et de la demande. Ces estimations montrent aussi que l’importance économique relative de la pomme de terre entre les principales cultures vivrières dans les pays de­vrait se maintenir, voire augmenter, au cours de ces prochaines décennies.

Technique de production

 

La plantation de tubercule de pomme de terre est facile et, ce, quel que soit la région dans la­quelle vous habitez. Généralement, il faudra at­tendre que les fortes pluies cessent avant de s’y lancer. À l’ouest du Cameroun, on parle de la mi-mars en région douce et le début du mois d’avril ailleurs avant de commencer la plantation. Cer­tains commencent dès la mi-février, tout dépend vraiment de l’allure des pluies et des géllés car elles ne doivent pas intervenir. La terre doit être bien ameublie avant la plantation afin d’alléger au maximum le sol. Retournez donc la terre sur 30 cm environ. Il est recommandé de planter les tu­bercules « certifiés germés » pour bénéficier d’une bonne production.

Conserver les pommes de terre

avant plantation :

Tout d’abord, ouvrez le filet de pommes de terre et étalez-les sur du papier journal. Placez le tout dans un local sombre où la température avoi­sine les 4/5°C. Elles vont avoir le temps de germer tranquillement et vous pourrez ainsi les conserver pendant près de 2 mois.

Faire germer les pommes de terre

Pour faire germer vos pommes de terre dispo­sez-les à la lumière dans un endroit ventilé et sec à 10-15°C, elles devront germer en 4 à 6 semaines.

Ne vous précipitez pas pour planter, le sol doit être suffisamment réchauffé en profondeur car la pomme de terre a besoin d’une terre à 10° en profondeur pour pousser. Attendez aussi que les tubercules soient entrés en germe avant de les mettre en terre.

Planter les pommes

Positionnez le tubercule verticalement en veil­lant à ce que le germe soit dirigé vers le haut. Vous respecterez une distance d’environ 30 à 40 cm entre chaque tubercule en les enterrant à 10-15 cm de profondeur sur des sillons distants de 55 à 60 cm.

Veillez également, si vous avez plusieurs sillons qu’ils soient espacés d’environ 60 à 70 cm chacun. Rappelez-vous que la pomme de terre a besoin de soleil pour bien se développer.

Entretien et culture de la pomme de terre

Côté soin, quelques binages seront nécessaires pour éliminer les mauvaises herbes qui se déve­loppent entre les sillons. En cas de périodes fa­vorables au développement des maladies, il sera parfois souhaitable de traiter la culture. Si vous apercevez un pied atteint par le mildiou, arrachez-le immédiatement pour limiter la progres­sion de cette maladie. Relativement facile de culture et d’entretien, la pomme de terre réclame quelques soins et gestes qui vous permettront d’améliorer le rendement et la récolte.

Buttage des pommes de terre, une opération importante

Lorsque la plante atteint environ 10-55 cm de haut, buttez le pied avec une terre légère. Cette opération qui consiste à former une petite butte au pied des tiges vise à maintenir le plant dans le sol, le protéger du vent et lui permettre de se développer au mieux avec de grosses pommes.

Arrosage des pommes de terre, une attention particulière

Les pommes de terre craignent surtout la sécheresse et le manque d’eau de manière prolongée. Un arrosage le soir est recommandé lorsqu’il fait chaud et que vous voyez le feuillage flétrir. Ne pas mouiller les feuilles pour éviter l’apparition de maladies comme les champignons. Afin d’éviter tout risque de sécheresse dans le sol, il est conseillé de mettre un paillage au pied des plants de pomme de terre.

Bien récolter la pomme de terre

Par temps sec, soulevez chaque pied à l’aide d’une fourche bêche ou d’houe en prenant soin de ne pas blesser les tubercules. Laissez-les sécher un moment au soleil avant de les emmagasiner. Les pommes de terre «primeurs» seront cueillies avant leur maturité. Elles sont délicieuses sous forme de rôties ou sautées, mais attention, elles ne se conservent pas.

Pour récolter en vue de la conservation, il faut attendre que les feuilles soient complètement fa­nées. Après avoir éliminé les tubercules blessés, la récolte sera ensuite conservée dans un local aéré, sec et à l’abri de la lumière. Trois précautions sont nécessaires ici :

Il est inutile de récolter les pommes de terre avant que le feuillage ne soit totalement jau­ni.

Cette étape indispensable de jaunissement indique que la récolte est imminente.

Mais elle indique aussi qu’il ne faut plus at­tendre car un dessèchement complet du feuillage serait le signe que vous avez trop attendu.

Vous les conserverez alors à l’abri de la lumière dans un lieu sec, frais et aéré. Une température de 6 degrés est conseillée. Mais vous devrez faire attention à l’humidité.

En termes d’association, les pommes de terre apprécient de se trouver à proximité des oignons et haricots. En revanche, il convient d’éviter de cultiver côte à côte pommes de terre et courges et concombres.

Insectes et maladies qui touchent

la pomme de terre : La pomme de terre est quand même sujette à certaines maladies tels que Rhizoctone brun et la Pourriture bactérienne et aussi des parasites auxquels il faut faire faire attention et traiter rapidement.

Les pucerons : Les feuilles s’enroulent et perdent leur couleur d’origine.

Le mildiou : des taches brunes se forment sur les feuilles pour atteindre tout le feuillage et les pommes de terre.

Les doryphores : c’est la principale menace de la pomme de terre en termes d’insectes.

Précaution : En cas d’attaques de doryphores, procédez à un l’enlevage à la main et à la destruction des nuisibles si leur nombre est restreint. En cas d’infestation, nous vous conseillons l’usage du Novodor, qui s’attaquera principalement aux larves de doryphores et empêchera leur multiplication. Afin d’éviter le développement des maladies, et pour ne pas fatiguer votre sol, nous vous recommandons de ne pas cultiver de pommes de terre deux années de suite au même endroit. De même il est préférable de ne pas les cultiver après des cultures de tomates ou d’aubergines.

Mineuse de la pomme de terre : Comme la tomate qui fait partie de la même famille des solanacées, la pomme de terre peut être attaqué par la mineuse de la tomate. Ce parasite peut anéantir jusqu’à 100% d’une récolte.

Pour éviter le développement des maladies, il convient de ne pas cultiver des pommes de terre 2 années de suite au même endroit, ni après des tomates ou des aubergines. Évitez également que le feuillage soit trop mouillé.

 

Source: 
IMFURA
Imfura Affaires n°5