La ratification de l’accord de paris a été devancée par la fonte des glaces dans l'océan arctique

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L'Accord de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015, a été ratifié vendredi 4 novembre avec trois ans d'avance. Il vise à limiter le réchauffement climatique "bien en dessous" de 2°C de hausse des températures moyennes mondiales.

Pour mettre en place cet accord, qualifié "d'historique" par la France, des milliers de négociateurs sont rassemblés du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech (Maroc) à l'occasion de la Conférence de l'Onu sur les changements climatiques (COP22).

Rester en deçà de ce seuil des 2°C semble bien compromis, selon un groupe de chercheurs qui affirment que l'Arctique sera dépourvu de glace d'ici 2045 et que cette fonte de la banquise ferait augmenter la température terrestre d'au moins 2°C. 

Selon l'étude publiée dans la revue scientifique "Science" début novembre, depuis les années 1960, la fonte des glaces dans l'océan arctique a progressé de façon étroitement liée avec la quantité de gaz à effet de serre rejetée dans l'atmosphère par l'activité humaine. Et plus rapidement que ce qu’ont prédit d'autres modélisations. 

Dirk Notz, expert de la banquise à l'Institut de météorologie Max Planck à Hambourg (Allemagne), pose une équation simple : une tonne métrique de CO2 supplémentaire rejetée dans l'air fait perdre à l'Arctique 3 mètres carrés de sa banquise d'été. 

1000 giga tonnes d'émissions de gaz à effet de serre supplémentaires suffiraient donc à faire fondre les glaces dans l'océan Arctique.

D'après les calculs des scientifiques, la quantité moyenne par an d'émissions de CO2 d'une famille américaine — l'un des deux plus grands pollueurs du monde avec la Chine — de quatre personnes aurait causé la perte de 200 mètres carrés de banquise. 

Un foyer français de la même taille serait ainsi responsable de la disparition de 60 mètres carrés de banquise par an.

Les prédictions de cette étude sont toutefois à prendre avec des pincettes selon François Massonnet, expert de la fonte des glaces au Barcelona Supercomputing Center, interrogé par "Science". Un changement dans la quantité de CO2 que les océans peuvent absorber pourrait contrarier ce modèle, en modifiant la corrélation entre les émissions de CO2 et le réchauffement de l'Arctique :

"C'est tentant, mais très dangereux aussi d'être trop confiant sur le fait de pouvoir extrapoler des relations linéaires. Nous savons que le climat dans l'Arctique n'a rien de linéaire."

Source: 
IMFURA