La démocratie vacille, mais le rêve américain demeure

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Des émeutiers entourent le manifestant Jake Angeli. (Photo: Getty images)

Je me souviendrai longtemps du 6 janvier 2021, où, certainement comme la plupart d’entre vous, j’avais les yeux rivés sur mon écran, totalement incrédule face aux évènements qui se déroulaient à Washington.

Était-ce une scène de tournage pour un film d’Hollywood? Était-ce un exercice d’entraînement du service de police du Capitole? Non. Nous assistions en direct à une véritable insurrection soigneusement préparée depuis des mois par l’homme le plus puissant au monde, Donald Trump.

Lors de mes études à l’Université de Montréal en sciences politiques, j’avais développé un grand intérêt envers les personnalités politiques qui, une fois au pouvoir, réussissaient à transformer radicalement un pays tout entier à force de manipulations, mensonges et délires de toutes sortes. J’avais beaucoup de difficulté à comprendre comment plusieurs millions de personnes pouvaient suivre, accepter ou croire de telles élucubrations. 

Comment des millions d’Allemands ont pu accepter la nuit de Cristal et les années terrifiantes qui suivirent? Pourquoi 25 millions de Nord-Coréens acceptent-ils de vivre sous de telles conditions? Comment Staline, Pol Pot, Amin Dada et bien d’autres ont réussi un lavage de cerveau collectif ayant mené aux pires atrocités de l’histoire de l’humanité? Attention, je ne compare pas les agissements du président Trump à ces sinistres personnages, cependant, l’histoire a maintes fois démontré que mieux vaut prévenir que guérir lorsque l’on doit «gérer» ce type de personnalité. 

Une insurrection est un soulèvement qui vise à renverser le pouvoir établi. En envahissant le Capitole avec la forte intention de faire dérailler le processus de confirmation de l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis, les disciples de Trump, soi-disant patriotes, ont finalement assené un coup quasi mortel à une démocratie américaine déjà fortement affaiblie après quatre années de gestion chaotique d’un président mégalomane entouré d’eunuques défendant corps et âme l’indéfendable depuis trop longtemps.

Le «American Dream» est-il sur le point de mourir? Est-ce que le pays offre encore espoir de réussite, de sécurité, de santé et d’abondance? Il faut se poser la question sérieusement. En tant que premier partenaire commercial du Canada, leur santé démocratique et politique nous est d’une importance vitale.

Pandémie hors de contrôle, problèmes de violence, de racisme, d’inégalités, d’injustices, de pauvreté, de santé et j’en passe. Nous sommes aujourd’hui bien loin du rêve américain promettant une famille, une voiture, une maison et un bon emploi! 

Étant uniquement spectateur de cette descente aux enfers, je n’ai aucun pouvoir sur leur avenir, cependant, je souhaite ardemment qu’ils trouvent une manière de se relever de cet abysse.

En tant qu’entrepreneur, j’ai, malgré tout, encore cette idée que «if you can make it here, you can make it anywhere» (Si vous pouvez le faire ici, vous pouvez le faire n'importe où). J’ai toujours en moi le rêve de voir une publicité de mes produits sur un panneau de 50 mètres de hauteur à Times Square, j’ai encore le rêve de conquérir le marché américain qui regorge d’opportunités et où, le rêve de l’entrepreneur qui part de rien et qui bâtit un empire est encore bien présent et même, réaliste! 

L’hégémonie mondiale des États-Unis n’est certes plus aussi puissante qu’autrefois, mais je ne serais pas surpris de les voir rebondir comme ils savent si bien le faire. Il ne suffit que de se rappeler de la vitalité que l’élection d’Obama a insufflée au pays suite aux mandats du président Bush qui ont été marqués par les attentats du 11 septembre, d’une guerre impopulaire et surtout interminable en Afghanistan et en Iraq ainsi qu’une crise économique sans précédent.

Le roi est mort, vive le roi! Le pouvoir a horreur du vide et d’ici quelques jours, les Américains pourront se concentrer à rebâtir leur pays plutôt qu’à craindre un coup d’État monté par leur propre président.

 
 

 

 

Source: 
Les Affaires