France : Budget 2017, Hollande laisse filer les dépenses

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© Thibault Camus/AP François Hollande, au palais de l'Élysée.

Les crédits des ministères, l'an prochain, seront supérieurs de 5,6 milliards d'euros à ce qui avait été annoncé en avril. En cause ? Les multiples dépenses supplémentaires, non prévues, annoncées depuis plusieurs mois maintenant par François Hollande.

La petite phrase d'un éminent conseiller est lâchée, entre sourire et contrariété: «Cette année, on ne fera pas la liste des perdants et des gagnants ; cette année, ce sera les gagnants et les gagnants!» Elle est lourde de sens. Même si tous les ministères ne verront évidemment pas leur enveloppe budgétaire augmenter en 2017, elle veut bien dire que les vannes sont ouvertes. La traditionnelle séquence estivale, durant laquelle le ministre du Budget doit batailler avec chaque titulaire de portefeuille pour grappiller quelques centaines de milliers d'euros partout où c'est possible, n'a cette année pas la même saveur. Les crédits des ministères, l'an prochain, seront supérieurs de 5,6 milliards d'euros à ce qui avait été annoncé en avril. En cause? Les multiples dépenses supplémentaires, non prévues, annoncées depuis plusieurs mois maintenant par François Hollande. Année électorale en vue oblige...

C'est un fait: François Hollande a, depuis quelques mois, entamé la distribution. Des dépenses de sécurité et de défense que personne ne remet en cause. Mais aussi -et surtout-, des dépenses à destination de l'électorat traditionnel de la gauche. Ainsi les fonctionnaires ont déjà bénéficié de ses largesses, le point d'indice servant à leur rémunération venant d'être dégelé ; parmi eux, les enseignants se sont vus promettre une prime supplémentaire. Une enveloppe importante a également été allouée au plan emploi. Et depuis qu'a été entamée la décrue des impôts pour alléger le fardeau fiscal, après l'explosion du début du quinquennat, ce sont les classes les moins favorisées qui sont les seules à en profiter.

Manque de courage politique de fin de mandat

Ce comportement dépensier est une mauvaise nouvelle à plusieurs titres. D'abord, elle confirme le manque de courage politique de fin de mandat. À un an d'une élection, on étale des comportements électoralistes, mais aussi l'incapacité à mener toute réforme de structure. La France, qui n'avait déjà pas, aux yeux du monde en entier -surtout en ce moment-, le visage d'une Nation qui évolue au rythme du monde. Et, dans la compétition internationale que se mènent les pays pour ne pas se laisser distancer en termes de compétitivité et de croissance, il n'y a pas une année à perdre!

Ensuite, la situation risque fort de remettre en cause les engagements faits auprès de nos partenaires européens. Non seulement l'exécutif sortant pourrait bien ne pas tenir la ligne fixée de ramener de déficit public à 2,7% en 2017 ; mais le nouveau ne se sentira pas non plus engagé par ce scénario, qu'il risque d'aggraver au motif que les compteurs sont remis à zéro. 

Source: 
AFP