Fini les effets secondaires du stress au travail!

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@DR

Devinez quoi, j'ai eu mon cadeau de Noël juste avant de partir en congé! Il m'a été offert par une lectrice française du blogue «En Tête», sous la forme d'un tweet qui indiquait «Je me suis dit que ça ferait un chouette billet :-)», accompagné d'un lien vers un article du Cornell Chronicle, le quotidien de l'Université Cornell à Ithaca (États-Unis). Une fantastique trouvaille faite par Marlène Delhaye, responsable bureautique et documentation électronique de l'Université Aix-Marseille (France), comme vous allez le voir par vous-mêmes.

De quoi s'agit-il, au juste? De la découverte d'un truc ultrasimple pour ne plus jamais ressentir les effets secondaires du stress au travail, à savoir les gestes de défiance, voire de rejet, des autres à l'égard des personnes stressées. C'est que — soyons honnêtes — chacun de nous a le même réflexe envers les collègues stressés, et donc, stressants : s'éloigner d'eux sans vergogne, de peur que ces «pestiférés du boulot» nous contaminent...

Ce truc génial se trouve justement dans l'étude dont parlait l'article du Cornell Chronicle, intitulée Managing perceptions of distress at work : Reframing emotion as passion. Celle-ci est signée par : Elizabeth Baily Wolf, doctorante en comportement organisationnel à la Harvard Business School (États-Unis); Jooa Julia Lee, doctorante en comportement organisationnel à l'Université du Michigan à Ann Arbor (États-Unis); Sunita Sah, professeure de management à l'Université Cornell; et Alison Wood Brooks, professeure de gestion des affaires à la Harvard Business School. Regardons ensemble de quoi il retourne...

Les quatre chercheuses se sont dit qu'il était vital de ne plus se sentir comme un pestiféré dès lors qu'on subissait un grand stress au travail. Car cela ne faisait qu'aggraver la situation. Cette réflexion commune les a amenées à effectuer cinq expériences visant à identifier un moyen pratique pour ne plus ressentir ces effets secondaires du stress.

Ces expériences consistaient essentiellement à analyser en profondeur la réaction des gens face au stress d'autrui, à mettre au jour ce qui pouvait atténuer leur jugement négatif et, par la suite, à tenter de renverser la vapeur. Et elles ont permis aux quatre chercheuses d'aller de surprise en surprise :

> L'impact dévastateur des émotions. Lorsque nous sommes face à quelqu'un de vraiment stressé, nous avons, en général, l'impression d'être devant une personne hyper émotive. Avec tout ce que cela comporte d'idées reçues puisqu'à nos yeux une telle personne est «irrationnelle», «instable», «imprévisible» et «incapable». Nous pensons alors que cette personne-là subit un stress incapacitant, à même de la tétaniser, et donc de la mener droit à l'échec.

> L'impact incroyable de la passion. En revanche, lorsque nous sommes face à quelqu'un de vraiment stressé, mais également passionné par ce qu'il fait, notre regard sur lui change du tout au tout. À ce moment-là, cette personne nous paraît «déterminée», «motivée» et «en plein contrôle d'elle-même». Nous pensons qu'elle subit, certes, un grand stress, mais un bon stress, celui qui permet aux champions de pulvériser le record du monde.

Ce n'est pas tout! Lorsque nous sommes face à quelqu'un qui est à la fois stressé et passionné, c'est plus fort que nous, nous avons envie de «collaborer» avec elle, c'est-à-dire de contribuer au succès qu'elle va nécessairement rencontrer d'après nous. Et lorsque nous sommes en position d'employeur, nous avons alors envie de la «recruter», exactement pour la même raison. Autrement dit, toutes les idées reçues à propos de l'émotivité des personnes stressées sont annihilées d'un seul coup, et mieux, sont transformées en un vibrant a priori positif.

«En conséquence, si vous évoluez dans un milieu de travail où il n'est pas bien vu d'afficher ses émotions en situation de stress — ce qui est presque toujours le cas —, il vous suffit d'effectuer un «recadrage émotionnel». C'est-à-dire de montrer aux autres la passion qui vous anime au travail, de souligner combien le projet qui vous stresse tant vous fait triper, combien il vous tient à coeur», a dit Sunita Sah au Cornell Chronicle.

Un recadrage émotionnel, donc. Soit, dans un premier temps, une mise au point personnelle, en se demandant franchement ce qui nous passionne dans ce que nous faisons de stressant au travail. Et dans un second temps, une mise au point collective, en véhiculant subtilement autour de soi le fait que la flamme de la passion brûle en nous.

C'est que, si l'on y parvient, cela va nous permettre de bénéficier de précieux coups de mains de la part de nos collègues, au lieu de les voir nous tourner le dos. «Notre étude montre sans l'ombre d'un doute que le recadrage émotionnel change la perception des autres à propos de la compétence professionnelle de la personne stressée. D'incompétente, celle-ci devient compétente; et d'antipathique, elle devient sympathique», a ajouté Mme Sah.

Renversant, n'est-ce pas? Afficher sa passion au travail permet de faire des merveilles. Aussi simplement que ça. Alors pourquoi s'en priver? Et pourquoi ne pas en faire une splendide résolution pour 2017? Hein? Dites-le-moi.

Que retenir de tout ça? Ceci, à mon avis :

> Qui entend en finir avec les effets secondaires du stress se doit d'afficher la passion qui l'anime dans son quotidien au travail. Il lui faut effectuer une mise au point personnelle concernant ce qui le stresse tant au travail et, surtout, ce qui le passionne dans le projet à l'origine de son stress. Puis, il lui faut faire subtilement savoir à ses collègues combien la passion l'anime : par exemple, à l'occasion d'une pause-café avec un collègue précis, ou bien lors d'une réunion d'équipe. Car, comme par magie, le négatif se mutera de lui-même en positif, et les autres se bousculeront pour lui donner, au besoin, de précieux coup de mains.

En passant, la chanteuse islandaise Björk Guðmundsdóttir aime à dire : «Tout doit être fait avec passion».

Olivier Schmouker

Source: 
IMFURA et Lesaffaires