Elevage des porcs et précautions

Porcs

Il existe de façon général, 3 systèmes d’élevage pour les porcs : en bâtiment sur caillebotis, en bâtiment sur paille, en plein air. En fonction de ses aspirations et des caractéristiques de son exploitation (ancienneté, surface, nombre de personnes, climat…), l’éleveur fait le choix de l’un ou l’autre mode d’élevage. Il peut également combiner élevage sur paille et élevage sur caillebotis, ou encore bâtiments et accès extérieur pour les animaux.

L’élevage en bâtiment sur caillebotis

Les animaux vivent dans des bâtiments dont le sol est ajouré. Appelé caillebotis, ce sol permet l’évacuation rapide des déjections animales et de l’eau de lavage du sol dans des fosses situées dans la partie basse des bâtiments. Le porc est un animal qui aime la propreté : l’élevage sur caillebotis répond à ce besoin en permettant de garder un espace de vie toujours propre pour les animaux. Le mélange de déjections et d’eau s’écoule ensuite vers des cuves de stockage : les fosses à lisier. Le lisier est stocké en attendant le moment propice à la fertilisation des cultures. Dans plusieurs pays y compris en Afrique du sud comme au Nigéria, 95% des porcs sont élevés en bâtiment sur caillebotis. C’est aussi le mode d’élevage le plus répandu en Europe et dans le monde.

httpwwwleporccomsitesdefaultfileswysiwyg-files_VOE1001jpg

L’élevage en bâtiment sur litière

Comme pour l’élevage sur caillebotis, les porcs sont élevés dans des bâtiments à une différence près : le sol n’est pas ajouré mais bétonné et recouvert d’une litière. Cette litière, faite la plupart du temps de paille, peut également être constituée de sciure ou de copeaux de bois. Ce type d’élevage nécessite d’avoir suffisamment de paille disponible et demande davantage de main d’œuvre car la litière doit être changée régulièrement pour conserver un espace suffisamment propre aux animaux. Ce système est en outre souvent lié à des démarches qualité spécifiques.

httpwwwleporccomsitesdefaultfileswysiwyg-files_VOE3764jpg

L’élevage en plein air

Dans ces élevages, les animaux sont élevés à l’extérieur. Le porc étant un animal sensible aux variations de température, il doit être protégé du froid et de la chaleur. L’éleveur dispose alors des abris paillés à l’intérieur et surmontés d’une toiture en tôle. Il met également en place des clôtures de protection contre la faune sauvage. Ce système d’élevage nécessite de disposer de surface de terres suffisantes pour assurer une rotation des parcelles. L’élevage en plein air est souvent lié à des démarches de qualités spécifiques.

httpwwwleporccomsitesdefaultfileswysiwyg-files14c2p8007jpg

Le présent document est destiné à l’élevage à une petite échelle, et en caillebotis.

Précautions de personnes et de matériels

L’éleveur doit disposer pour lui-même et pour les intervenants extérieurs de tenues propres et spécifiques à l’élevage (combinaison, chaussures, bottes ou sur-bottes) et d’un système de lavage des mains (eau, savon et torchon propre ou papier à usage unique).

En cas d’introduction de matériel extérieur commun à plusieurs élevages (échographe, appareil de mesure, matériel de prélèvement...), il faut qu’il soit nettoyé et désinfecté et/ou recouvert d’une housse de protection à usage unique.

L’éleveur doit prendre des précautions concernant la construction et l’entretien des bâtiments pour empêcher au maximum les rongeurs ou tout autre mammifère (y compris les animaux domestiques) et les oiseaux d’avoir accès aux bâtiments où sont élevés les porcs.

La lutte contre les nuisibles décrites ci-après est à appliquer aux élevages en bâtiment. Ces mesures ne sont pas forcément adaptées aux élevages en plein air.

Plan de lutte contre les insectes

Les insectes peuvent être responsables de la transmission de certains germes pathogènes. Les principaux types d’insectes contre lesquels est mise en place une lutte en élevage de porcs sont les mouches, moucherons et les ténébrions.

La lutte contre les insectes doit s’insérer dans un schéma d’hygiène générale du bâtiment d’élevage et de son environnement proche.

Quand les mesures préventives ne suffisent pas à maîtriser la population d’insectes, un traitement doit être réalisé. Il faut s’assurer que les porcs ne puissent pas accidentellement consommer ces produits.

Protection vis-à-vis des dangers à gestion particulière

Il doit cependant aussi gérer ses déchets de manière à ne pas générer les dangers évoqués ci-dessus. Ainsi, il est interdit de brûler à l’air libre des ordures ménagères et assimilés (exemple : le brûlage de pneus ou de plastiques est une source de contamination en dioxines), de les détruire à l’aide d’un incinérateur individuel, de déverser toute substance toxique ou inflammable dans les voies et plans d’eau.

Il faut respecter les normes bien-être :

• Permettre aux animaux d’avoir accès à une aire de couchage convenablement asséchée et propre, permettant à tous les animaux de se coucher en même temps

Disposer de locaux et de matériaux qui ne peuvent pas blesser les animaux (ex : absence de matériau tranchant) et qui peuvent être facilement nettoyés et désinfectés.

• Dans les bâtiments, assurer une luminosité suffisante (intensité au moins égale à 40 lux) pendant un minimum de 8 heures (à titre de repère, la luminosité doit au minimum permettre de lire un document sans difficulté). La lumière du soleil peut être suffisante.

• Eviter les bruits continus atteignant 85dB (à titre de repère, bruit d’une tondeuse à gazon).

Absence de produits périmés,

Il faut disposer d’un local ou d’une zone d’isolement des porcs malades ou blessés (c’est-à-direun lieu dédié ou un mode d’organisation dans l’élevage permettant une séparation effective del’animal malade du reste du cheptel).

NB : les porcelets non sevrés ne sontpas concernés : même malades ou blessés, il convient de les laisser avec leur mère.

Bon à savoir : les animaux morts, les avortons, les mort-nés,les momifiés et les délivrés sont des sources potentielles de contamination. De bonnes pratiquesd’hygiène sont donc nécessaires lors du stockage et de l’enlèvement d’un ou des cadavres.

Qualité de l’eau

L’éleveur doit donner à ses animaux accès à une eau de qualité adéquate et dans des quantités
appropriées.L’eau destinée aux animaux n’est soumise à aucune norme qualitative, contrairement à celle destinéeà la consommation humaine. Il est cependant possible de définir la qualité de l’eau d’élevage en sebasant sur des paramètres bactériologiques et physico-chimiques.

La réalisation d’un puits ou d’un forage est une solution adéquate. Mais doit respecter les normes administratives et environnementales de votre communauté.

Nettoyage

Un plan de nettoyage doit être mis en place ; un balayage complet doit être réalisé au moins
une fois par an, les poussières doivent être éliminées (elles peuvent l’être par épandage ou
compostage le cas échéant).
Le lieu où vous préparez l’alimentdoit être intégré dans le plan de dératisation de l’élevage.

Faites attention lors de l’achat et de la réception des aliments

La fosse de réception doit être propre de manière à ne pas retenir les corps étrangers.

Il faut contrôler visuellement l’intérieur du matériel réalisant le mélange des aliments et assurerrégulièrement son nettoyage (qu’il s’agisse d’une mélangeuse à sec ou d’une machine à soupe). Les matières premières doivent être contrôlées visuellement à leur arrivée, avant
déchargement.Les bons de livraison doivent être conservés pendant 5 ans.Lorsqu’il y a utilisation d’un insecticide, celui-ci doit être autorisé et les préconisations dufabricant du produit commercial doivent être respectées

Stockage des produits en sacs

La zone de stockage des produits en sacs doit être intégrée dans le plan de lutte contre les
rongeurs.Elle doit être nettoyée au moins une fois par mois.
Les dates de péremption des produits doivent être absolument respectées.

Hygiène des intervenants dans l’élevage

Les mains, les tenues de travail et le petit matériel d’élevage sont des vecteurs de contaminants.Il faut donc veiller à leur appliquer des règles d’hygiène strictes.
Il faut : 
• Se laver les mains à l’eau et au savon, en particulier avant les interventions sur les animaux 
(soins, castrations, assistance à la mise bas…), ou porter des gants jetables

L‘introduction des animaux doit se faire dans une salle sèche.Durant la période de séchage, la salle doit rester vide de tout animal et les mouvements depersonnel y sont réduits au strict minimum

Source: 
IMFURA
Imfura Affaires n°7