Diasporas : les nigérians transfèrent 19 milliards de dollars, Le Cameroun non classé

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@DR

Un rapport de la Banque Mondiale (BM) intitulé «Migrations et envois de fonds : développement récents et perspectives» (Migration and Remittances: Recent developments and outlook) estime que les diasporas de par le monde ont brillamment aidé leur pays lors des crises et des catastrophes naturelles. Les aides pouvant se matérialiser à travers des idées, des stratégies de sortie de crise et bien entendu également à travers le transfert des fonds.

Cependant, le pourcentage de transferts de fonds a décru de 3.2% en 2015 à 0.4% en 2016. Selon la BM, cela est largement dû à la « faiblesse des économies » dans les pays riches. La dépréciation des cours du brut et ceux de la monnaie étant signifiante. À l’exemple, le rouble s’est déprécié de près de 44% par rapport au dollar alors que l’euro subissait, elle aussi, une forte dépréciation par rapport au dollar, de l'ordre de 17%.

Dans ce circuit de transfert d’argent, la Banque Mondiale regrette que l’Afrique subsaharienne batte le record sur les frais de transfert. Par exemple, pour transférer 200 dollars, les coûts moyens de par le monde représentait au dernier trimestre de 2016 7.4%. Malheureusement pour envoyer le même montant en Afrique subsaharien les coûts moyens sont à 9.7% toujours en hausse de 0.2% par rapport à l’estimation précédente. Il s’agit du taux le plus élevé dans le monde.

Justement, parlant de l’Afrique,

Le pays le plus peuplé du continent, le Nigéria a reçu dans le cadre des transferts de fonds, 19 milliards de dollars, l’an passé, un montant en baisse de 10% par rapport à l’année précédente, selon ce rapport.

Dans ce classement très serré, le Cameroun n’est pas classé et aucun pays de l’Afrique centrale. L’Afrique de l’Ouest, elle, fait la course en tête

Le Ghana et le Sénégal arrivent ex-æquo, en deuxième position avec un montant de 2 milliards de dollars pour chacun de ces deux pays. Viennent ensuite le Kenya (1,7 milliard de dollars), l’Ouganda (1,1 milliard), le Mali (0,8 milliard), l’Afrique du Sud (0,7 milliard), le Liberia (0,6 milliard), l’Ethiopie (0,6 milliard) et Madagascar (0,4 milliard).

D’après le document publié en marge des Assemblées de printemps du groupe de la Banque mondiale et du FMI, les transferts des fonds des migrants vers l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne ont diminué d'environ 6,1% en 2016 pour s'établir à 33 milliards de dollars, en raison de la lenteur de la croissance économique dans les pays d’accueil des migrants, de la baisse des prix des produits de base, de l’essor des envois de fonds via des circuits informels dans un contexte de régimes de change contrôlés.

Toujours selon le rapport, ces transferts sont cruciaux pour certains pays car, atteignant près d’un quart du PIB de certains pays. Si ces transferts représentent près de 8% du PIB Malien, 11% du PIB Sénégalais, il contribue gracieusement à hauteur de plus de 25% dans le PIB du Libéria. C’est dire combien l’Afrique peut rester dépendante de certaines de ses diasporas.

Pour la BM, ces envois de fonds des migrants devraient augmenter de 1,9% vers le Nigeria, de 3,1% vers le Ghana et de 2,6% vers le Sénégal en 2017.

À l’échelle régionale, ces transferts devraient augmenter de 3,3% en 2017, à 34 milliards de dollars, grâce notamment au raffermissement des prix du pétrole et à l'amélioration des perspectives de croissance à l’échelle mondiale.

Source: 
IMFURA et AGENCE ÉCOFIN