Comment gérer une personne qui parle trop ?

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Ne parlez trop! IMFURA

Avez-vous déjà fait face à une personne qui n’arrête pas de parler et qui est très émotive ? Si tel est le cas, le constat qui est fait c'est que vous vous refusez de l’interrompre par respect ou de peur d’entrainer des tiraillements. Mais dans la pratique, avez-vous la capacité d’interrompre une telle personne ?

C’est la question à laquelle Isabelle Lord a été appelée à répondre lors de ses nombreuses formations inspirantes sur la communication. Voici des éléments de réponses :

Tout à fait ! En tant que gestionnaire, vous avez le droit et même l’obligation d’interrompre une personne qui parle de façon émotive sans s’arrêter. En clair, vous ne devez pas vous empêcher de donner votre analyse complète d’une situation pour la simple raison qu’une personne vous l’empêche à travers ses prises de positions peu concordantes. Pour le faire, Isabelle énonce quatre attitudes.

Avez-vous affaire à un verbomoteur ?

En physiologie, on estime que quelqu’un est dit verbomoteur lorsqu’il est très loquace ; cela signifie qu’il parle beaucoup, vite et parfois de façon inappropriée. Cette attitude est souvent attribuée à un trouble, voire une cause de difficulté d'apprentissage. Il est donc important d’identifier le type de personne. Car, dans bien de cas, ça peut aussi être une personne qui réagit ainsi à cause de la lourdeur de la nouvelle que vous lui avez annoncée ou même des mots que vous lui avez adressés.

Supposons qu’il s’agisse d’un verbomoteur : votre défi est de capter son attention. Les personnes verbomotrices ont tendance à tourner toute leur attention sur ce qu’elles disent : elles s’écoutent parler. On les reconnaît au fait qu’elles ne font pratiquement pas de pauses pour vous laisser de la place ou qu’elles profitent de tout ce que vous dites pour repartir dans leur analyse. Dans ce cas :

N’attendez pas qu’on vous cède la parole

En principe, il vous suffit de prendre la parole sans attendre qu’on vous l’offre, mais Isabelle vous suggère de faire aussi un petit geste, pour capter le regard du verbomoteur. Levez la main légèrement pour signaler « stop ». Faites-le avec respect. Si la personne ne vous remarque pas, levez la main un peu plus haute. Et enchaînez tout de suite en lui disant : « Écoute, Lydie, tu me parles de…, mais moi, ce dont je veux te parler, c’est… »

Tu me parles de…, mais je veux te parler de…

Il s’agit d’une règle de communication assez répandue qui voudrait que vous répétiez les paroles de votre interlocuteur avant d’aligner les vôtres. En le faisant, cela lui permettrait de se rendre compte que vous l’avez bien écouté. Il sera alors plus ouvert à écouter votre part d’analyse. Dans la première partie de votre intervention (« tu me parles de »), vous résumez en quelques mots de quoi la personne est en train de vous parler ; dans la deuxième partie (« moi, ce dont je veux te parler »), vous synthétisez l’objet de votre entretien, la raison pour laquelle vous avez dit ceci ou cela. Soyez bref et poursuivez tout de suite avec ce que vous avez à dire. Vous pouvez répéter cette intervention aussi souvent que vous le jugerez nécessaire au cours de la conversation pour la ramener sur les rails.

Émotions fortes

Voyons maintenant le cas d’un interlocuteur qui devient très émotif parce que vous êtes en train de lui dire quelque chose qu’il ne veut pas entendre. Vous pouvez être en train de parler de sous-performance ou d’un comportement à corriger, en train de faire une évaluation difficile ou d’annoncer une mauvaise nouvelle qui concerne l’ensemble de l’entreprise ou seulement cette personne.

La personne peut se mettre à parler beaucoup pour détourner la conversation, pour se défendre ou pour vous entraîner sur un autre terrain. Et l’atmosphère peut vite devenir très chargée émotivement. Encore une fois, selon l’experte en communication Isabelle Lord, vous avez le droit d’interrompre votre interlocuteur, vous avez même le devoir d’intervenir pour recadrer la conversation et conclure sur une note positive. La tactique reste la même qu’avec votre verbomoteur : vous pouvez lever la main légèrement et dire : « Écoute, Jean, ce dont tu me parles, c’est… mais moi, je te parle de… ». Comme avec les verbomoteurs, vous poursuivez tout de suite avec ce que vous avez à dire.

Pour le faire de façon courante avec spontanéité, vous êtes encouragé à le pratiquer à la maison avec votre conjoint(e) ou avec vos enfants. C’est sans hésitation une bonne école de communication. 

Source: 
IMFURA