Bénin: Patrice Talon, ou comment devenir Président!

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@DR: Patrice Talon,Président du Bénin depuis Mars 2016.

C’est finalement trois passes en une que s’est joué Patrice Talon pour s’abréger à lui seul la victoire à l’élection présidentielle du Bénin.

Durant le débat qui opposait les deux candidats, Patrice Talon et Lionel Zinsou, ce dernier a affirmé s’être fait proposer par le premier, un portefeuille ministériel quelques années plutôt. Lequel le présagerait tout comme le président sortant, Yayi Boni, un éventuel soutien du richissime Talon pour cette présidence de 2016.

On se rappelle que le Boni Yayi président, était un homme sans charisme, certes intelligent. Disposant d’une expertise avérée sur les questions financières, il fait la connaissance de Patrice Talon une vingtaine d’année avant l’élection présidentielle de 2006. Si l’origine de la fortune de Patrice Talon n’est pas élucidée, on sait tout de même qu’il s’est spécialisé dans les engrais et l’engrenage du coton autour de 1987. À la suite d’une rencontre entre opportunité et intelligence, Yayi Boni va être le principal conseillé du milliardaire à la fin des années 80 avant d’être conseillé technique aux affaires monétaires et bancaires de 1991 à 1996, sous la présidence de Nicéphore Soglo.

La passe à un.

En 2006, lors de l’élection présidentielle, Patrice Talom accorde son soutien total et surtout financier à Yayi Boni qui vient de démissionner de la présidence de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), poste qu’il occupe depuis 1994. Ce soutien est vu par les siens comme une marque de reconnaissance et surtout de couverture pour les affaires avenirs. En 2011, le scénario va se répéter et Thomas Yayi Boni sortira à nouveau vainqueur des élections dès le premier tour sur le soutien de Patrice Talon, son cadet de six ans d’âge.

Mais les choses vont très vite se corser lorsque le gouvernement Béninois va accorder à la 15ième fortune africaine la gestion du programme de vérification des importations (PVI), un marché particulièrement juteux qui permet de gérer les taxes douanières du port de Cotonou évaluées à 1200 milliards FCFA (2 milliards de dollars ; 1,5 milliard d’euros) de recette annuelle, quasiment du budget de l’Etat qui est à 1500 milliards en 2016.

Les problèmes.

C’est peut-être ce jeu de milliards qui va créer l’onde choc entre ces deux amis qui vont se tirailler devant les tribunaux entre 2011 et 2013 obligeant Patrice Talon à prendre refuge en France. En effet, le gouvernement à travers le président Boni Yayi va lui enlever le contrat des PVI pour mauvaise gestion. Dans le même temps il est reproché à Talon d’avoir fraudé sur les subventions d’engrais de la campagne 2011. Vrai ou Faux, personne ne saurait jamais rien jusqu’à ce que Talon soit reproché de coaction pour emprisonnement du Président Boni Yayi et ensuite dans un attentat manqué courant 2012.

Pour le milliardaire, cette acharnement judiciaire est dû au fait qu’il ait refusé de supporter le Président dans sa tentative de réviser la Constitution béninoise aux fins d'obtenir un troisième mandat. Une déclaration qui peut rester sans réponse puisque le Boni Yayi, aux yeux de nombreux diplomate n’a jamais mentionner l’envie de se rester au pouvoir par révision constitutionnelle.  

La réconciliation à distance.

Entre Avril et Mai 2013, l’affaire a été délibérée puis reportée pour « complément d’information » le 18 septembre. Dans le même moment, le juge d’instruction béninois Angelo Houssou a été interpelé à la frontière avec le Nigéria disposant sur elle une mallette et un visa pour les États-Unis. Peu avant, il a prononcé contre toute attente un non-lieu visant tous les protagonistes de l’affaire. Un non-lieu (peut être en parallèle avec le « complément d’information » des enquêtes à Paris) qui sera confirmé par un autre juge béninois le 1er Juillet selon lequel « puisque le crime n’a pas eu lieu, il n’y a plus d’affaire ». Cela a permis à l’homme qui roule en Jaguar de retourner au Bénin en 2015 après un « pardon » a lui accordé par le Chrétien Évangélique Boni Yayi qui est par ailleurs Pasteur dans une église des Assemblées de Dieu.

Les élections ou deux passes à deux.

Un an avant l’échéance électorale, Thomas Boni Yayi est fait appel au Banquier Lionel Zinzou en le nommant au poste de premier ministre afin de le préparer à la succession. Une préparation très vite contrée par le premier employeur du Bénin. Ce dernier, voyant sa fortune s’entremêler et ses problèmes judicieux s’accroitre tant au niveau national qu’international, a très vite fait de chercher une couverture. C’est donc contre lui à travers Lionel Zinsou que Boni Yayi va devoir se battre pour arriver à la présidence.

Uns stratégie perdante ou la mauvaise passe.

Au second tour des élections, Lionel Zinsou est vu par beaucoup comme un fils du colonisateur ne connaissant pas les réels problèmes du Bénin. Conséquence, 16 partis politiques de l’opposition s’alignent derrière Patrice Talon y compris les 3ième, 4ième et 5ième en lice lors du premier tour (Sébatien Ajavon (22,07 %), Abdoulaye Bio-Tchané (8,29 %) et Pascal Irénée Koupaki (5,60 %)).    

C’est donc logiquement si celui qui est allé voter au volant d’une Porsche décapotable a pu gagner avec plus de 65% des suffrages exprimés. Et se faire féliciter le jour même du vote par son adversaire alors que le dépouillement des urnes est encore en cours. C'est dorénavant clair pour tous, vous voulez être président, l'argent peut aider!

Source: 
IMFURA