Angleterre : l'Ocde prévoit le pire en cas de sortie de l'UE.

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David Cameron.

Le PIB du royaume recule de 5 % d’ici à 2030. La livre sterling chuterait de 10 %. Une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne coûterait non seulement cher à l'économie britannique, mais également à ses voisines. Dans une analyse spéciale que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) y consacre dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié ce mercredi, les économistes de l'organisation avancent un recul de 5 % du PIB du royaume à l'horizon 2030.

Une série de chocs

A moins d'un mois du référendum du 23 juin, partisans et opposants au maintien sont au coude-à-coude, selon un sondage YouGov publié mercredi par le times. Les deux camps sont à 41 % des intentions de vote chacun tandis que 13 % se disent encore indécis. Rien n'est donc joué. Mais, pour l'OCDE, « si les Britanniques se prononcent [...] pour une sortie de l'Union européenne (UE), on peut s'attendre à une accentuation de l'incertitude, à une réduction de la confiance et à une série de chocs affectant les marchés de capitaux au Royaume-Uni et dans les autres économies européennes ».

Dans le détail, pour le pays, l'ampleur du choc sur les marchés financiers serait d'une amplitude similaire « à celle des chocs observés au paroxysme de la crise de la zone euro en 2011-2012, mais nettement plus limitée que pendant la crise financière de 2008-2009 ». Ainsi, les primes de risque sur les actions et sur les investissements au Royaume-Uni augmenteraient de 150 points de base entre le second semestre 2016 et 2017, et de 100 points de base en 2018. Les taux d'intérêt à long terme des obligations d'Etat britanniques progresseraient de 20 points de base en 2016, puis de 50 points en 2017 et 2018. « Après 2018, on peut s'attendre à ce que les effets de ces chocs financiers se dissipent peu à peu », mais pas totalement, prédisent les économistes.

Dépréciation de la livre sterling

Un Brexit déclencherait sans doute aussi un recul de la confiance des ménages outre-Manche, conduisant à une hausse de leur taux d'épargne d'un peu plus de 1 point au second semestre de cette année. Un constat qui entraînerait un repli supplémentaire de la consommation, déjà affectée par la baisse de l'activité économique britannique et des marchés financiers.

L'OCDE s'attend aussi à une dépréciation de la livre sterling. Une chute de 10 % contre le dollar américain interviendrait dès le milieu de l'année pour s'atténuer ensuite. Au total, « en moyenne, le taux de change effectif de la monnaie britannique sera inférieur à son niveau de référence de 6 % environ en 2017 et de 4 % en 2018 ».

Impact différencié sur les pays européens

Pour les autres pays européens, l'impact serait différencié, l'OCDE répertoriant trois groupes en fonction de leur degré d'exposition à l'économie britannique : ceux fortement exposés comme l'Irlande, les Pays-Bas, mais aussi la Suisse et la Norvège en raison de leurs liens financiers ; ceux modérément exposés comme l'Allemagne, l'Espagne, la France ou encore la Grèce ; ceux moins exposés comme l'Italie ou le Portugal.

Même le PIB des BRICS serait touché

Résultat de toutes ces hypothèses, le produit intérieur brut (PIB) britannique enregistrerait un recul de 1,25 % à 1,5 % d'ici à 2018. Le coût serait encore plus élevé en l'absence d'une dépréciation de la livre sterling. Mais le recul de la monnaie provoquera une poussée inflationniste via l'augmentation des prix des importations. L'OCDE prédit ainsi près d'un demi-point de pourcentage d'inflation supplémentaire en 2016-2017. L'investissement productif, lui, accuserait une baisse de plus de 10 % en 2017 et 2018 tandis que le taux de chômage augmenterait de trois quarts de point de pourcentage d'ici à 2018, détaille l'organisation. La production dans les autres économies européennes reculerait aussi de 1 point de pourcentage environ d'ici à 2018. Le fléchissement de la demande dans les économies européennes se répercuterait sur le reste du monde. Le PIB des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud) et des autres économies de l'OCDE reculerait de plus de 0,5 % d'ici à 2018.

Source: 
LesÉchos