Afrique : l'avenir du jeu vidéo avec KIROO GAMES ?

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@DR I Kiroo Games.

Ça se passe en juillet 1997 : séduite par la promesse d'une subvention qui absorbera la moitié de ses salaires en sol québécois, Ubisoft débarque dans le Mile-End. À l'époque, ce quartier au pied du Mont-Royal s'essouffle. Les anciennes usines sont désertées, les ruelles sont sales et les commerces lugubres.

Vingt ans plus tard, le contraste est frappant. Piétons, cyclistes et automobilistes se partagent des artères toujours aussi mal pavées, mais incontestablement plus dynamiques, entre des cafés, des micro-brasseries et des bureaux d'où émergent tant des jeunes sociétés technologiques que des studios de jeu indépendants. Les quelque 6 000 professionnels montréalais du jeu vidéo, et leur salaire annuel moyen de 72 000 $ (le double du salaire moyen québécois, toutes industries confondues), y sont pour beaucoup et peut servir de rêve.

Surtout, pour une petite entreprise, qui, au coin d’une ruelle dans la capitale du Cameroun, Yaoundé, espère elle aussi, sévir d’exemple, et titiller, pourquoi pas, des géants, non seulement en terme d’âge, mais surtout en terme d’expérience. Car, 20 ans n’est, définitivement, pas un jeu. Et Paul Biya nous donnait un grand rendez-vous, qui approche pourtant. Et pourtant, elle vient de loin. L’idée, depuis 2003 ? Quelle parallèle ? Ce qu’on sait est que, le 14 avril dernier, les choses étaient formelles : le premier jeu 100% pensé et conçu en Afrique centrale, au Cameroun était disponible en version PC (Windows XP, 7, 8) sur Steam

Des rendements Qui en doutent ?

Au cours des 10 dernières années, l'entreprise, loin de chez nous, a généré un bénéfice net de 304,4 millions d'euros (439 M$), mais a reçu 343,7 M$ grâce au crédit d'impôt québécois. Au Cameroun, nous parlons alors d’un retour sur investissement de 400 % pour les investisseurs d’ici 2018 ? C’est en tout cas ce que l’on apprend dans les couloirs de Kiroo Games, cet ambulance de jeu vidéo au Cameroun.

C'est un univers qui change rapidement, mais qui est toujours en croissance. C'est important d'offrir de l'assistance pour que les entreprises s'adaptent à cette transformation incessante : le mobile, la réalité virtuelle, et ce qui viendra ensuite. Les amateurs de jeux vidéo africains sauront nous surprendre bientôt.

Une industrie mature de ce genre devrait-elle pouvoir se passer de l'aide publique pour être profitable, ou à tout le moins rentable ? « Oui et non ». Dans un environnement économique assez compliqué que celui du Cameroun, il est, disons, à la limite du normal, de la responsabilité des pouvoirs publiques à apporter leur soutien à de telles initiatives. Nous tenons cette assertion sur trois raisons :

1-      Le jeu vidéo est, comme le sport et d’autres activités de masse, une marque de fabrique à chaque pays, une promotion et une visibilité. Et ça amène autre chose : l'industrie des effets spéciaux, plus de production pour la télé et le cinéma.

2-      Appuyons nous sur le cas du Québec : selon l'étude de KPMG, le secteur du jeu vidéo a généré un rendement annualisé de 7,4 % sur 20 ans. En comparaison, c'est juste inférieur au rendement annualisé de l'indice boursier américain S&P 500 pendant la même période, soit 10,6 %.

3-      C’est une industrie, tout nouvelle, qui peut générer de milliers d’emplois, et sans nous tromper, de milliers d’opportunités. C’est un secteur assez mature, donc il faut acquérir une expertise financière spécifique au jeu vidéo.

Des opportunités, pourquoi pas ?

Au Canada, les institutions comme, Investissement Québec, ont fait beaucoup pour encourager l’industrie du jeu vidéo. Et tant qu’on ne fera pas pareil chez nous, on restera très loin de sommet voulu par nos jeunes leaders. Les acteurs publics ont ouvert le Québec au reste du monde à travers le jeu vidéo, mais ils veulent aller plus loin. Mettre par exemple en place des mesures pour développer davantage la propriété intellectuelle des entreprises

Car la clé, dans le divertissement numérique, un marché où le principal produit est abstrait et logiciel, c'est ça : la propriété intellectuelle. La «marque» à partir de laquelle des produits dérivent : un jeu «AAA» pour console, une application mobile, et pourquoi pas, éventuellement, un film, des t-shirts, etc. Ce que d'aucuns appellent la méthode Angry Birds.

Sauf que créer et développer la propriété intellectuelle exige du temps et de l'argent. Dans l'industrie, l'adage veut que la plupart des studios ne deviennent rentables qu'après leur sixième production. Madiba et sa team sont surement conscients, nous espérons les autorités aussi ! Il est, pourtant, aussi vrai que les studios «indépendants» qui s'en tirent le mieux sont ceux qui conçoivent en sous-main un jeu ou une licence appartenant à un tiers. Mais pour affirmer un génie créateur, il est toujours préférable d’être dans une boucle fermée. Au début et à la fin. C’est plus « rassurant » et plus « cool » disait Steve Jobs.

L’union fait la force ?

L’adage n’a jamais menti. Si vous doutez, prenez une souris d’ordinateur avec votre main droite. Vous verrez que votre main gauche s’ennuie. Elle a, en effet, envie de toucher le clavier. Nos jeunes promoteurs doivent souhaiter et viser la création de plus grandes entreprises de propriété africaine dans ce secteur, entendez se mettre en commun. Et on peut être rassuré,  si les choses évoluent bien, évidemment on devra s’attendre à une meilleure stabilité à long terme pour l'industrie locale si ses membres les plus importants en sont issus. La preuve ? « Les grandes entreprises dans ce domaine existent de partout dans le monde. Au Québec, les grands joueurs ont d’ailleurs lancé le mouvement la Guilde des développeurs de jeux vidéo, un regroupement de 90 entreprises. En Afrique, ils ne sont pas si nombreux, mais nous pensons qu’on peut déjà s’allier à quelques gars du Nigéria.

À IMFURA, dans l’Imagination d’un Futur Rassurant, nous croyons à une telle mission. Il faut aider à gérer le risque lié à la création de nouveaux produits, faciliter la commercialisation à l'international, et fournir aux plus petits studios des outils de marketing dignes d'une multinationale, et bien sûr, créer le rêve. Et, on peut se rappeler Madiba Olivier, fondateur de Kiroo Games, « lorsque je vois un jeune de 8 ans me dire que son rêve est de créer un jeu vidéo, je suis ému. » Il aurait pu dire je sens que ma mission a été accomplie.

Une chose est certaine, Aurion : L'Héritage des Kori-Odan qui a reçu 14/20, à son tout premier test disponible sur jeuxvideo.com, a déjà une bonne projection dans l’avenir. 200 000 DVD, oui oui, c’est bien ça, devrait être produit dans les prochaines semaines et distribués en Afrique. Soyez parmi les visionnaires qui ne ratent pas les opportunités toutes tracées.

NB : Nous n’avons pas reçu l’autorisation de Kiroo Games pour la rédaction de cet article. Avec des démarches parfois non suivies. Aussi, cet article nous a été inspiré du site d’information lesaffaires.com, des quotidiens camerounais, du monde des jeux vidéo et de l’audiovisuel et enfin du site http://www.kiroogames.com/fr/aurion.html. 

Source: 
IMFURA