80 milles milliards de $, c'est ce que pèsent les 1% plus riches du monde

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Les inégalités de classe sociale aux États-Unies sont les plus élevés du monde. Seuls 8 millions de millionnaires possèdent 63% de la richesse privée, une part qui devrait passer à 69% en 2020.

Le nombre de millionnaires dans le monde a augmenté de 6% en 2015 selon le rapport annuel du cabinet financier Boston Consulting Group (BCG). Au total, 18,5 millions de foyers fortunés, soit seulement 1% de la population mondiale, détiennent 47% de la richesse accumulée sur le globe en revenus, dépôts bancaires ou titres boursiers. A eux seuls, ils pèsent ainsi – retenez votre souffle – quelque 80.000 milliards de dollars, soit un peu plus que le produit intérieur brut (PIB) mondial, établi à moins de 75 000 milliards de dollars en 2015.

D'ici à 2020, c'est la majorité de cette fortune (52%) qui devrait être concentrée chez les millionnaires. La fortune combinée des personnes privées en actifs financiers (donc hors immobilier) a atteint l'an dernier 168.000 milliards de dollars, en hausse de 5,2% par rapport à 2014, selon le BCG. A noter que les turbulences financières ont ralenti le rythme de la progression, qui avait atteint 7,5% en 2014.

Malgré le ralentissement économique observé dans les pays émergents, c'est dans la région Asie-Pacifique que la richesse des millionnaires a le plus augmenté (+13,4% contre +14,1% en 2014), suivie de l'Amérique latine (+7% contre +7,6%). En Europe, les millionnaires ont vu leurs avoirs augmenter de 4,3% (après 6,1% en 2014) et aux Etats-Unis, la hausse a été limitée à 1,8% en 2015, après +6,4% en 2014.

Les Etats-Unis, région la plus inégalitaire

Aux Etats-Unis, seuls 8 millions de millionnaires possèdent 63% de la richesse privée, une part qui devrait passer à 69% en 2020. Les inégalités sont moins criantes en Europe de l'Ouest, où les millionnaires détenaient en 2015 31% des richesses (36% prévu en 2020). La France faisant figure basse avec 445 000 millionnaires en 2015 selon le conseil. Le Japon apparaît comme le pays le moins inégalitaire, les millionnaires détenant 22% des richesses du pays (23% prévu en 2020).

L'Amérique du Nord se classe largement en tête du classement des régions du monde comptant le plus de ménages riches, et devrait s'y maintenir à l'horizon 2020. La place de numéro deux, aujourd'hui occupée par l'Europe de l'Ouest, pourrait en revanche revenir à la région Asie pacifique à l'horizon 2020.

Le nombre de millionnaire a ainsi fortement augmenté en Chine (2 millions de foyers) et en Inde en 2015, mais rapporté à la population, c'est en Suisse et au Liechtenstein que leur concentration reste la plus importante.

L'année 2015 n'a pourtant pas été un grand cru, selon le rapport: la richesse privée sur le globe n'a augmenté "que" de 5,2% contre 7% en 2014 en raison notamment de turbulences financières, de l'instabilité politique et de sanctions économiques. "La progression de la richesse privée mondiale a perdu de la vitesse en 2015 notamment dans les marchés développés", résument les experts du Boston Consulting Group.

Une fortune répartie à égalité entre cash et actions

En 2015, l'essentiel de la richesse mondiale privée (80%) était réparti à parts égales entre les liquidités/comptes de dépôt et les marchés d'actions, le solde étant placé dans d'autres produits (obligations, matières premières...)

Sans grande surprise, c'est en Amérique du Nord que les placements en actions sont les plus développés (62% de la fortune des millionnaires), contre 39% en Europe de l'Ouest et 24% en Asie-Pacifique.

10.000 milliards de dollars dans des centres offshore

Selon leur rapport, la richesse accumulée dans les centres "offshore", qui offrent faible fiscalité et discrétion aux non-résidents, a par ailleurs progressé de 3% en un an pour atteindre près de 10.000 milliards de dollars. La Suisse reste la destination offshore privilégiée des grandes fortunes, devant Singapour et la Grande-Bretagne.?

Le rapport s'attend à voir ce secteur continuer à progresser dans les prochaines années malgré les "mesures de régulation visant à combattre l'évasion fiscale". Les révélations des Panama Papers ont mis au jour l'utilisation à grande échelle des centres offshore pour échapper au fisc, contraignant la communauté internationale à annoncer un nouveau plan de lutte contre ces pratiques.

(Avec AFP et FINANCE)

Source: 
IMFURA